14.03.2010

Sans les mains

corpssansmain.JPGAprès m'avoir décapité, tranché le siège de mon intelligence et de mes émotions, H. a décidé de supprimer mes mains. Sur la voie vers un corps sans expression, elles semblaient, pour elle, être un lien insupportable entre les sentiments et ce corps fait de chair et de muscle. Alors dans un geste sans pitié, elle a coupé dans le vif pour m'ôter ce qui permet de ressentir l'attachement de l'être aimé.

H. n'aime pas son corps. Elle a décidé de ne garder que ce qui peut lui permettre de devenir une et unique. Tout ce qu'elle chérit en elle ne fera pas de vieux os chez moi... AUjourd'hui je n'étais plus que tronc et jambes, mais demain que me restera-t-il ? Comme un lépreux, je vois les parties de moi disparaitre en lambeaux putrides. je remercie le ciel que H. ne s'aime pas, cela me donne une chance de ne pas disparaître totalement, du corps vers le néant, il n'y a qu'un pas...

13.03.2010

Toy man

 

torsepas.JPGBonjour, je suis P.  homme en pleine force de l'âge, je viens témoigner ici de ma condition d'homme toy... Je suis fait de chair et de sang, mes neurones sont encore vivaces, mon cerveau est d'une taille honorable et je suis doué pour le calcul mental...

Pourtant...

Je suis tombé amoureux d'une femme qui me considère comme un simple corps, un objet de curiosité, une oeuvre d'art... Il faut avouer qu'elle a du goût et son jugement est juste et sans faille.

 Cette femme, nommons-la H. est d'une grande intelligence et d'une belle culture. Sa vie est remplie de rencontres avec des êtres brillants dont certains sont à sa botte jour après jour pendant des années. Il est vain de prétendre lutter sur un terrain déjà conquis de haute lutte et pour lequel je ne suis point armé.

Alors je me suis résigné à n'être qu'un simple puzzle de muscles aux proportions rythmées par le nombre d'or. J'ai accepté la dichotomie entre ma chair et mon esprit, je me contente de corps à corps dénués de lendemain. Je peux être remisé brutalement sans semonce dans le grenier des corps usés, puis repris par dépit. Comme un objet je vis au jour le jour, jusqu'à ce qu'un plus bel objet lui fasse les yeux doux. Ce jour là comme un pantin désarticulé, je serai mis en vente dans un vide grenier de banlieue.

Je veux témoigner au nom de tous les alter ego, au nom de cette condition inique. Je veux sonner la révolte de tous ces hommes qui souffrent de n'être que chair sans âme. Ma souffrance est dédaignée, tant que le sang ne coule pas, mon corps ne souffre pas. Faut-il me scarifier, me mutiler pour exprimer ma légitime douleur ? Comme le corps du christ un certain vendredi... Quitter H., pourrait être salutaire, mais le corps que je suis est prisonnier de mes sens, de ces millions de terminaisons nerveuses qui relient la peau, le sang à l'esprit. H. joue sur la force de ces connexions, sur les effluves, les senteurs pour réduire à néant ma volonté de redevenir homme, un corps humain...

Alors corps je suis, corps je resterai, prêt à servir, à satisfaire les désirs les plus vils de H. Pincer, mordre, sucer, lécher, bander sur simple commande j'obtempère. Je donne et je prends , le doigt sur la couture du pantalon, aux ordres de celle que j'aime, prêt à tout pour au moins rester un corps d'élite...

Car je porte en moi la terreur de ne devenir pour elle qu'un pâle corps étranger...

16:44 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : objet, homme, toy